Comptabilité & fiscalité
Comptabilité et fiscalité Maroc : les obligations d’une société, mois après mois
Une société commerciale marocaine tient une comptabilité dès son immatriculation, et déclare selon un calendrier qui ne dépend pas de son activité réelle. Ces obligations reviennent chaque mois, chaque trimestre et chaque exercice, qu’il y ait eu des ventes ou non. Ce guide en donne le cadre, pour toute la vie de la société ; les quatre prestations ci-dessous en détaillent chacune un volet.
Les prestations de cette rubrique
- Tenue comptable — Les livres à tenir, les pièces à conserver et le rythme qui évite de tout reprendre en fin d’exercice.
- Déclarations fiscales — TVA, impôt sur les sociétés et acomptes : les échéances, et les téléservices par lesquels elles passent.
- Paie & déclarations sociales — Ce que déclenche le premier salarié : CNSS, AMO et impôt sur le revenu retenu à la source.
- Bilan & comptes annuels — Les états de synthèse qui ferment l’exercice, et ce qu’il faut avoir tenu pendant l’année pour les produire.
Chaque prestation est établie sur devis, comme l’ensemble de nos services. Les durées et les montants de l’accompagnement comptable figurent sur la page tarifs.
Comptabilité générale : ce que la loi impose aux commerçants
La comptabilité générale au Maroc repose sur trois textes. L’article 19 du code de commerce renvoie à la loi n° 9-88 relative aux obligations comptables des commerçants. Le référentiel national est le Code général de la normalisation comptable (CGNC), qui fixe les normes comptables marocaines : principes, règles d’évaluation et de présentation. Et le Code général des impôts dit ce que l’administration s’attend à trouver lors d’un contrôle.
L’obligation ne dépend ni de la forme — SARL, SARL à associé unique, SAS — ni du chiffre d’affaires. Une société qui n’a rien facturé tient malgré tout ses livres et dépose ses déclarations, même à zéro : ses obligations comptables et fiscales ne dépendent pas de son activité. Les régimes allégés dont on entend parler relèvent de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, pas des sociétés soumises à l’IS.
Le CGNC et le plan comptable général des entreprises
Le CGNC contient le plan comptable général des entreprises, qui organise les comptes par classes : c’est le cadre de la comptabilité générale de toute société. Les entrepreneurs habitués à la comptabilité française y retrouvent une logique proche, avec des différences de présentation : on parle au Maroc de CPC, le compte de produits et charges, plutôt que de compte de résultat.
Les principes comptables : prudence, continuité d’exploitation
Le CGNC pose des principes fondamentaux qui guident chaque écriture : continuité d’exploitation, permanence des méthodes, coût historique, spécialisation des exercices, prudence, clarté et importance significative. Ces principes expliquent pourquoi une comptabilité ne se résume pas à une saisie : elle suppose des choix d’évaluation et leur mise en œuvre à chaque clôture.
Mise en place de la comptabilité dès l’immatriculation
Pour une SARL comme pour une SAS, la mise en place commence avant la première facture. La déclaration d’existence doit être déposée dans les trente jours suivant la constitution de la société (article 148 du CGI), y compris lorsqu’elle est exonérée. Viennent ensuite le choix, dans le plan comptable général, des comptes adaptés à l’activité, l’ouverture des journaux, et une règle simple pour les pièces : factures de vente aux clients numérotées dans une séquence continue, factures d’achat à l’en-tête de la société.
Le même code prévoit, à son article 145, que la comptabilité soit tenue sous format électronique, conformément à la législation en vigueur. Les modalités applicables à une société donnée se vérifient auprès de la Direction générale des impôts.
États financiers : bilan, CPC et compte de résultat
À la clôture, la comptabilité produit les états de synthèse. Dans le modèle normal du CGNC, ce sont le bilan, le compte de produits et charges (CPC), équivalent marocain du compte de résultat, l’état des soldes de gestion, le tableau de financement, qui retrace les flux de ressources et d’emplois, et l’état des informations complémentaires, qui joue le rôle d’une annexe. Un modèle simplifié existe pour les plus petites entreprises. Au-delà de l’obligation, ces états de synthèse sont un outil de pilotage et de mesure de la performance : les soldes de gestion montrent où se forme la valeur ajoutée, et où partent les coûts. Ils intéressent aussi vos clients, vos banques et d’éventuels investisseurs, qui y lisent la santé et le développement de la société.
La fiscalité d’une société : TVA, IS et IR
Trois impôts structurent le calendrier fiscal d’une société :
- La TVA, taxe sur la valeur ajoutée, déclarée mensuellement ou trimestriellement selon le régime, au taux normal de 20 % sauf taux particulier.
- L’impôt sur les sociétés (IS), réglé par acomptes au cours de l’exercice puis liquidé après la clôture.
- L’impôt sur le revenu (IR) retenu à la source sur les salaires, dès le premier salarié, à côté des déclarations CNSS.
Les déclarations de TVA, d’IS et d’IR passent par les téléservices de la DGI et par Damancom pour la CNSS. Le détail des échéances est sur la page déclarations fiscales.
Contrôle fiscal : ce qu’il faut pouvoir présenter
L’article 211 du CGI énumère les documents attendus — livre-journal, grand livre, livre d’inventaire, doubles de factures, pièces justificatives des dépenses et des investissements — et impose de les conserver dix ans. Un inventaire des stocks et un tableau des immobilisations doivent aussi pouvoir être présentés à chaque clôture. Une société qui tient sa comptabilité par procédé électronique présente ses documents sur ce support (article 210). Les erreurs les plus fréquentes lors d’un contrôle ne tiennent pas à la règle mais à la qualité et à la conformité des pièces : une facture au nom du gérant plutôt que de la société pose un problème de rattachement, et c’est une cause courante de rejet de charge.
Externalisation : ce que fait BW, et ce qui revient à un expert comptable
L’externalisation de la comptabilité est une solution courante pour une PME ou pour des entrepreneurs qui démarrent seuls : elle évite les coûts d’un recrutement, et elle donne un suivi régulier plutôt qu’un rattrapage en fin d’exercice. BW tient la comptabilité de votre société, prépare les états de synthèse et les déclarations fiscales et sociales. Nos services sont établis sur devis, qui distingue nos honoraires des frais dus aux administrations, dans un souci de transparence.
Une limite est fixée par la loi, et nous la respectons : la certification des comptes, c’est-à-dire l’attestation de leur régularité et de leur sincérité, n’appartient qu’à un expert comptable inscrit à l’Ordre. Nous ne l’exerçons pas, et nous ne nous présentons pas comme un cabinet d’expertise comptable : notre expertise porte sur la tenue des comptes, les déclarations et leur conformité. La confiance se construit sur cette régularité — déclarations déposées à temps, attestations fiscales et sociales disponibles quand un client ou une banque les demande. Vous restez par ailleurs responsable de vos obligations et de vos échéances même lorsque vous les déléguez : c’est pourquoi nous vous transmettons les informations sur ce qui est déposé.
Questions fréquentes
Une société sans activité doit-elle tenir une comptabilité ?
Oui. L’obligation tient à l’existence de la société, pas à son activité. Les déclarations se déposent aussi, même à zéro.
Combien de temps conserver les pièces comptables ?
Dix ans, selon l’article 211 du Code général des impôts, au lieu d’imposition. En cas de perte, l’inspecteur des impôts doit en être informé dans les délais prévus par le même article.
Quelle différence entre tenue des comptes et certification ?
La tenue des comptes s’impose à toute société et peut être déléguée à un prestataire comme BW. La certification est une mission réservée à un expert-comptable inscrit à l’Ordre ; elle n’est obligatoire, pour une SARL, qu’au-delà de seuils fixés par la loi.
Comment organiser sa comptabilité au Maroc dès la création ?
Par une mise en œuvre simple : un plan de comptes adapté, un enregistrement des pièces au fil de l’eau, un suivi des flux de trésorerie et des échéances de paiement, ligne par ligne. Chaque élément manquant ou chaque erreur de saisie en cours d’année se paie à la clôture. Une société qui appartient à un groupe ajoute ses propres contraintes de reporting ; une petite société ou une PME gagne surtout à la simplification de ses circuits de pièces.
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Dites-nous votre forme juridique, votre activité et vos échéances : nous revenons vers vous avec les démarches applicables et un devis écrit.
Page mise à jour en octobre 2026.
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